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:: Stargate SG-1 : La Production de la série ::.

*L’interprétation  présente de bons acteurs. Au début l’interprétation est convenue et sans grande conviction, mais à mesure qu’on se (re)familiarise avec les personnages et que la série évolue, on trouve les acteurs de plus en plus dans leur élément. Ils sont notamment convaincants lorsqu’ils ont la possibilité, selon les situations dans lesquelles se retrouvent leur personnage, de nous faire découvrir pleinement leur talent. En ce sens, la moitié des acteurs du casting sont des révélations. Par ailleurs, on ne dira jamais assez  que tous les personnages (d’un bout à l’autre de la distribution) sont toujours joués par les mêmes comédiens; ce qui est génial et plutôt rare....


Richard D. Anderson
  joue O’Neill  avec beaucoup d’aisance. La décontraction est la carte maîtresse du jeu de R.D. Anderson (on ne peut s’empêcher de penser à MacGyver…). En ce sens, cette ironie qu’il met au service du personnage lui va à ravir ! Si militairement le sens de l’humour du Colonel n’est pas toujours crédible, heureusement pour nous téléspectateurs, qu’il s’autorise ce ton sarcastique, parce que sinon, la série ne serait pas souvent drôle…

Michael Shanks, quasi-inconnu avant « Stargate SG-1 », peut se venter de s’être accaparé le rôle de Daniel Jackson après l’inoubliable James Spader. Après une période de transition, dans laquelle M. S. s’est limité à soigneusement imiter la gestuelle et l’intonation de son prédécesseur, il s’est approprié le personnage. Le résultat est excellent puisque après 4 ans d’existence, on constate que le personnage a beaucoup évolué depuis le film. Talentueux, il excelle lorsque Daniel se retrouve dans les pires situations.

Amanda Tapping, elle aussi inconnue avant  « Stargate SG-1 », donne de l’ampleur à son personnage autant scientifiquement et militairement qu'humainement. Amanda joue et varie son jeu en fonction des qualités humaines et professionnelles de Sam. En tous cas, elle est tout à fait crédible dans ces trois domaines, ce qui est une performance. Elle réussit à faire passer les émotions qu’il faut quand il le faut, même si on ne mesure pas vraiment tout son potentiel car, il faut bien avouer que Sam ne se retrouve pas souvent seule dans le pétrin…

Christopher Judge donne à Teal’c toute une dimension implacable et imperturbable qui fait de lui un personnage finalement attachant et hors du commun. Une réelle performance quand on apprend que dans la vie il n’arrête pas de plaisanter et qu’il met l’ambiance sur tout le plateau de tournage… Le registre de Teal’c en matière de sentiments n’étant pas très varié, C. J. évolue dans un rôle qui ne peut pas refléter tous les aspects de son talent...

Don S. Davis  joue Hammond. Le caractère du Général n’étant pas développé, il est difficile d’établir un jugement sur la performance de D.D. Cependant, il fait du Général Hammond un personnage vraiment attachant car humain et à la fois très compétent mais néanmoins tolérant. D.D a par ailleurs, un avis très intelligent sur son personnage et semble le connaître mieux que ce que les spectateurs peuvent en voir à l’écran : selon lui, si Hammond est comme un père pour tous les membres de la SG-1, c’est parce qu’ils représentent à eux tous, toutes les facettes de l’héroïsme qu’Hammond estime et admire.


*Le doublage est bon…et sympathique ! Avec Edgar Givry (très à l’aise, donne sa voix décontractée à  Jack), William Coryn (la voix rêveuse de Daniel), Hélène Chanson (la voix sérieuse débitant le jargon scientifique de Sam), Thierry Mercier (la voix implacable et puissante de Teal’c) et Albert Augier (la voix  paternelle et tolérante d’Hammond). A noter que les comédiens  de doublage font un travail remarquable et que l’importance de leur profession est assez souvent oubliée (on aimerait bien les voir apparaître un peu plus souvent dans les génériques… A bon entendeur…). On ne semble pas réaliser souvent  que l’interprétation d’un comédien étranger est  aussi à 50% le travail d’un de ces acteurs  de l’ombre.


*Les personnages :
  La série présente une galerie de personnages très nombreux. Les secondaires sont évidemment moins bien développés que les premiers mais ils restent originaux. Dans les premiers, Daniel et Teal’c apparaissent un peu bridés par les scénaristes, qui ne leur laissent pas beaucoup de marge de manœuvre dans le développement de leur personnalité, contrairement à Jack et Sam qui revêtent des caractères plus variés, plus explicites.

Chaque personnage a néanmoins un passé (le plus souvent chargé, que l’on découvre tout au long de la série), un rôle type et irremplaçable au SGC et dans l’histoire. Tous ont aussi du caractère propre, si diversifiés soient-ils, qui les singularise et en rapport le plus souvent avec leur activité professionnelle.

Les personnages ont donc un soupçon de réalisme, de stéréotype et d’originalité dans leurs attitudes, trois ingrédients qui permettent l’identification du public à l’un ou l’autre. Une combinaison qui en font tous des personnages uniques, attachants et charismatiques qu’on prend plaisir à découvrir et à voir évoluer...


*Les dialogues :
   La plupart du temps dans la série, les dialogues des personnages ont un but « fonctionnel », c’est-à-dire ayant pour objectif de faire évoluer l’histoire (explications, constatations, informations...).

Le peu de dialogues (et de réactions) propres aux personnages donne à la série un aspect plutôt froid, dans le sens où la mission semble  passer avant tout. Et cela limite aussi  la prise d’ampleur des personnages au niveau humain ; ainsi quand ce genre de dialogues s’entend dans « Stargate SG-1 » mieux vaut tendre l’oreille, même plutôt deux fois qu’une...

Si, au premier abord, cette approche para
ît donner de la froideur et de la distance aux et entre les personnages, le spectateur sera amené par la suite à creuser le sens de tous les dialogues pour pouvoir comprendre la personnalité des personnages et les relations qui les unissent (d’où l’astuce des scénaristes et d’où l’intérêt du spectateur pour cet aspect de la série).

Par ailleurs ce choix nous évite des dialogues banals, mièvres ou autres bavardages ridicules. Les dialogues portent donc tout un poids de significations qui ne peuvent s’autoriser aucun dérapage, que ce soit dans la forme (langue - les dialogues sont d’ailleurs écrits et dits dans une langue très correcte, en français du moins) ou le contenu (pertinence, réflexion…). Heureusement des touches d’humour essentiellement attribuées à Jack, viennent ponctuer ces dialogues, qui, sans cela, seraient bien ennuyeux.

On peut néanmoins constater qu’au fil des saisons les répliques personnelles se multiplient et s’affirment ; preuve que les scénaristes n’ont pas oublié de faire évoluer leurs personnages.


*La réalisation, efficace, s’autorise peu de fantaisie et ne présente pas une emprunte particulière. Elle se contente de nous conter l’histoire avec .... objectivité. On ne peut pas dire qu’il y ait beaucoup d’originalité dans l’enchaînement et la prise de plans mais cette tactique donne néanmoins un aspect réaliste bienvenu à la série et nous évite toute surenchère visuelle superflue.

De la rigueur aussi, dans l’évolution de la mythologie et une volonté réelle de crédibilité scientifique. En effet, quand, dans la série, certaines lois de la nature sont défiées face à de nouvelles découvertes, la SF n’est jamais très loin…et le pas entre fiction et réalité est franchi sans trop de problèmes.

Le hic serait plutôt à signaler du côté des peuplades ET rencontrées. Pour des cultures qui évoluent dans l’isolement, les costumes, les décors et les langues ne sont pas vraiment à la hauteur créative que l’on pourrait espérer. On justifie l’anglais par le fait que Daniel Jackson parle un nombre incalculable de langages Terriens qu’il adapterait aux cultures évoluées dans l’isolement. C’est peu convaincant car on ne le voit pas effectuer ce travail. Pareil pour les costumes et les décors, tout cela donne au final une ambiance encore un  peu trop Terrienne. Sur l’aspect ethnologique de la série, il  faut bien avouer que l’indulgence est de rigueur…

Par ailleurs, la réalisation d’ensemble, celle qui donne l’image de la série, laisse voir que « Stargate SG-1 » est une « œuvre » bien maîtrisée, suivie et cohérente. Cela pour le plus grand respect et bonheur des téléspectateurs.


*Tout comme la réalisation, la construction , quand un épisode suit deux trames parallèles, montre une répartition  entre les deux parties de l’histoire généralement bien dosée et équilibrée.

On peut ainsi observer que les dénouements sont vite expédiés ; mais cela n’est finalement pas mal et cela pour deux raisons : cela évite les bavardages inutiles et les conclusions fumeuses. Le spectateur peut conclure par lui même puisqu’on ne lui  impose pas une leçon de morale trop explicite. « Stargate SG-1 » se ressent et se comprend alors de manière personnelle. Par ailleurs, l’action de l’épisode peut ainsi s’étaler sur une pleine période de 45 min (ce qui permet  notamment un suspens plus intense et des histoires plus abouties dans l’action mais aussi  plus ouvertes dans leur propos...)


*Les décors (pour ceux qui n’auraient pas encore remarqué) sont dominés par la forêt dans la plupart des mondes visités. ……

On aura compris que la série était tournée dans les environs de Vancouver.... (Voir la réplique d’O’Neill  dans la 3ème saison « Tiens des arbres, encore et toujours des arbres... » - au moins les créateurs en sont conscients ! ). C’est dommage car ça limite indéniablement la richesse et la créativité des mondes explorés. Les réalisateurs sont alors obligés de filmer la même région, selon différents plans et avec différentes approches, pour nous faire croire qu’il s’agit à chaque fois de planètes différentes...

Cela se révèle efficace quelque
s fois au début, mais la sensation de « déjà vu »  revient  vite ensuite. S’ajoute à cela une impression de décors « carton-pâte » surtout utilisés au début de la série. Ils ne reviennent que très rarement ensuite.

Certains décors sont quand même plus originaux voire extraordinairement beaux et bien réalisés.  …

Que ce soient des  plans  studio (Les Flammes de l’Enfer, Le feu et l’Eau, La Morsure du Serpent, La Tokr’a...) ou des plans en extérieur (Le Crâne de Cristal, Double, Trahison, Simulation...), ces décors doivent souvent leur salut aux effets spéciaux....


*Les effets spéciaux sont très impressionnants pour une série TV et ils ont l’avantage d’être complètement à son service. Pas d’abus et tout ce qu’il faut pour crédibiliser l’histoire et captiver le spectateur. Le fonctionnement des technologies aliens, les batailles terrestres ou spatiales, ou encore les décors sont largement servis par des effets spéciaux utilisés à bon escient.


*Les  accessoires (en majorité les technologies extra-terrestres) sont inventifs et ont un design étudié et recherché. Associés aux effets spéciaux, ils sont très crédibles.


*Les costumes sont passables. Tant qu’ils concernent les Terriens (style militaire ou, plus rarement, habits normaux), ça peut aller.


Mais dès que l’on traverse la Porte des Etoiles on constate que ceux des autochtones font artificiels et stéréotypés (Voir Emancipation, Les Désignés…).  Souvent on a envie de dire « Tiens, ça c’est du toc » ou « Tiens, c’est aussi la mode sur leur planète ? ».

A l’heure où la SG-1 rencontre plus de peuplades autonomes (1ère et 2nde saisons), les costumes y sont souvent criards, classiques, voir caricaturaux (les costumiers ne s’étant pas creusé la tête en matière de création). Les costumes gâchent parfois toute la crédibilité d’un épisode… : ils font ressortir l’aspect  kitsch de la série ; un aspect dont la série peut  largement se passer… En revanche d’autres costumes sont plus créatifs et plus vraisemblables souvent en les mettant en parallèle avec d’excellents effets de maquillage (Les Esprits, le Feu et l’Eau, le Fléau..)

Dans les saisons suivantes, la SG-1 fait moins de rencontres, donc il y a moins de costumes extra-terrestres à recenser : Les
Asgards n’ont pas de vêtements (ou alors ils ont un style vestimentaire très soft). Les Tok'ra sont à la mode des hommes du désert (ce qui est non sans rappeler la mode d’Abydos), tandis que les tenues d’Anise sont audacieuses mais créatives. Les Nox sont en haillons dentelés violacés, les Jaffas sont toujours en cotte de maille et les Goa'uld toujours mégalos en habits royaux.


*Le générique est correct. Dans la lignée du film, il ne présente pas un montage d’images tirées de la série mais un plan unique, qui progressivement en se déplacent met à jour une statue inquiétante (plan, bien évidemment, associé à la musique). Il est toujours le même selon les saisons : c’est en quelque sorte le symbole de la stabilité qualitative de « Stargate SG-1 ». Ainsi, rares sont les génériques de série où l’image du personnage n’est pas associée au nom de l’acteur, et ceux qui ne subissent pas de modifications selon les saisons (pas d’ajout de nouveaux acteurs, ni de nouveau montage…).

Il existe un second générique, différent de celui de Showtime, la chaîne qui produit et diffuse SG-1 outre-Atlantique. Ce générique visible sur les chaînes câblées au Canada, présente un montage d’images de la 1ère saison.


*La musique du générique est une combinaison de morceaux composés par l’excellentissime David Arnold pour la (superbe) BO du film. On peut constater que cette re-orchestration de 57 secondes, un véritable « medley », combine très habilement tous les aspects de la série : découverte, aventure, fantastique, action, danger et mystère.

Composante essentielle du show, la musique, toujours en suivi avec le film, présente de bons thèmes en s’inspirant de ceux composés par David Arnold pour le film. Les compositeurs n’ont pour cela  pas délaissé le style symphonique. Malheureusement, les musiques de fond apparaissent bien plus fades, puisque elles s’inscrivent le plus souvent dans le plus conventionnel  et dans le plus  basique de l’univers musical « Stargatien ». Ces trames présentent d’abord moins de mélodies mémorisables et sont le plus souvent moins riches instrumentalement (on nous octroie des petites trouvailles artistiques, sorte de détails mélodieux, si magiques dans la BO du film).

Ainsi, les mélodies sont rarement étoffées et l’impact de la musique dans l’épisode en est affecté : la profondeur du film n’est plus.

Pourtant, certains intermèdes musicaux excellents se détachent, mais ils sont bien trop rares. Rares sont les fois ou la réalisation (au niveau prise de plan) fait entorse à son habituelle sobriété et daigne nous présenter une osmose entre l’image et la musique. Mais lorsque c’est le cas, c’est-à-dire quand la réalisation et la musique s’entendent, on assiste à des scènes qu’on ne peut pas oublier…

On remarque également la disparition de l’utilisation des cœurs par rapport au film. Envoûtants et impressionnants dans la BO, ils soulignaient le mysticisme de l’intrigue du film, en plus de lui donner du style et de l’émotion. Les cœurs disparaissent dans la série (ou ne sont vraiment pas mis en valeur), ce qui laisse un vide assez conséquent car des scènes mériteraient bien d’être accompagnées d’une musique plus épique. Mais c’est se leurrer puisque en accord avec une réalisation sans états d’âme en ce qui concerne les relations entre les personnages ou les scènes tragiques, une musique plus émotionnelle ne serait pas cohérente.

En général, on aurait aimé plus d’originalité et d’audace : les thèmes militaires sont vraiment envahissants, pas beaux du tout et apparaissent plus
décrédibilisants que convaincants ; tandis que le thème de « Stargate », remanié, dévié, revient jusqu’à  l’overdose et on oublie de l’utiliser à bon escient.

On rêve d’une plus  grande innovation : actualiser et compléter le style  « Stargate » sans pour autant transgresser les codes indispensables au genre, qu’a instauré et imposé David Arnold dans l’univers musical de « Stargate ».

Malgré tout, ce n’est qu’une BO de série déjà pas si mal (avec tout ce que je viens de dire, on aurait pu croire le contraire !) : avec le film pour référence, on ne parle pas du même budget, ni du même temps d’écriture et d’orchestration, ni du même temps musical à couvrir par rapport au délai imposé. Au moins, la série peut se vanter d’avoir une « vraie » bande originale (recherchée, écrite et orchestrée et non une simple compilation de titres).

En bref, on aimerait plus de bons thèmes car il y en a : le thème des Asgards, le  thème des missions secrètes, le thème du générique de fin sont absolument fabuleux. Dans la grande tradition « arnoldienne », ces thèmes sont vraiment prenants et soulignent l’aspect fantastiquo-aventurier de la série. Les morceaux des situations comiques sont également sympathiques…

A noter qu’une seule fois, les compositeurs ont abandonné leur partition habituelle en incluant une chanson (je ne sais pas laquelle) dans l’épisode « 1969 » pour souligner l’époque des « 
sixties-seventies ». La caractéristique musicale de « Stargate » c’est son style symphonique, mais si l’occasion se présente c’est-à-dire si le contexte visuel et historique le justifie, les compositeurs pourraient renouveler cette expérience…


A noter, que la musique de la série a été éditée chez  Milan Records, sortie le 25 Novembre 1997. Cette BO comprend beaucoup de morceaux issus de la BO du film et concerne essentiellement le début de la série.
On attend impatiemment la suite.
( CD contenant 12 plages. Durée totale : 50 min 06. )


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