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Un tournage dantesque

En fait, "Stargate" est né, il y a environ dix-sept ans, de l'imagination de Roland Emmerich, à l'époque où ce dernier n'était encore qu'un simple étudiant de l'École de cinéma à Munich.  "J'avais vu un documentaire sur les pyramides de Gizeh, et certains chercheurs pensaient que des extraterrestres avaient visité la Terre et présidé à la construction de ces monuments.  Bien que sceptique à propos de ces théories, j'étais en revanche certain qu'elles pouvaient inspirer un grand film d'aventures."  Mais le réalisateur laisse passer quelques années avant de s'atteler au projet.

"Universal soldier" forge sa réputation et lui permet de travailler avec Dean Devlin, qui a envie d'écrire une épopée fantastique avec le désert pour cadre.  Reste à combiner leurs deux idées.  Ensemble, ils préparent, durant trois années, cette superproduction qui concrétiserait tous leurs rêves : des décors dont la démesure rivalise avec celle des grands classiques comme "Cléopâtre", plus de 1.000 figurants, des costumes par centaines, des effets spéciaux révolutionnaires...

Le tournage de "Stargate" se déroula en grande partie dans un vrai désert, celui de Yuma, aux États-Unis, et son immense mer de sable.  Mais le site posait des problèmes considérables : il fallait y acheminer des tonnes de matériel tout en préservant l'aspect original des dunes.  Pour relever ce défi, on eut recours à un nouveau matériau synthétique alvéolé, le "Geoweb" (employé par les soldats de l'opération "Tempête du désert"), qui faisait office de route.

Plus encore que le sable, la chaleur accablante soumit les techniciens et les comédiens à rude épreuve.  La température dépassant les 45°, le moindre effort devenait un supplice.  Chaque jour, 12.000 bouteilles d'eau étaient nécessaires pour désaltérer tout le monde.  La production dépensa des milliers de dollars en breuvages divers et fit coudre des poches aux costumes des acteurs et figurants afin qu'ils puissent emmener des boissons fraîches.

Pour recréer une tempête de sable, le superviseur des effets spéciaux, Kit West, utilisa une dizaine de souffleries géantes, mais le désert offrit finalement à l'équipe du film une vraie tempête, encore plus impressionnante, qu'Emmerich sa hâta de fixer sur pellicule.  Mais le plus spectaculaire trucage est à coup sûr la "Porte des étoiles" elle-même : un anneau de sept mètres de diamètre orné de symboles énigmatiques qui, une fois alignés, font de celui-ci un passage vers un autre monde.  A mesure que la cité de Nagada prenait forme dans le désert de Yuma, acteurs et techniciens avaient l'étrange sensation d'être transportés dans un univers fantastique et déroutant.


En égyptien ancien

Non contents d'inventer un nouveau monde, les créateurs de "Stargate" dotèrent celui-ci d'une langue originale, dérivée de l'égyptien ancien.  Ce travail fut confié à un expert qualifié, le docteur Stuart Tyson Smith, chercheur à l'Institut d'archéologie du Fowler Museum of Cultural History.  Partant des données les plus récentes, Smith élabora un vocabulaire, différencia une série de terminaisons masculines et féminines, formula des règles de conjugaison et mit au point une structure grammaticale.  Ce processus fascina particulièrement les acteurs appelés à s'exprimer dans cet idiome inconnu.  Erick Avari, qui parle couramment le népalais, l'hindi et le bengali, assimila sans peine son texte, de même que Mili Avital, qui pratique l'arabe et l'hébreu.  James Spader et Kurt Russell trouvèrent en Smith un répétiteur attentif et un conseiller technique de grande valeur.
 

 

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