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:: La Porte des Étoiles - Une odyssée cyber au coeur de la civilisation égyptienne ::.
Moqué par la critique américaine (qui y a vu une pochette du groupe Earth, Wind and Fire revue par George Lucas !), "Stargate" ("La Porte des Etoiles") a été l'un des gros succès-surprises de la fin de l'année aux Etats-Unis. Il faut prendre ce film pour ce qu'il donne à prendre : un pur divertissement juvénile qui plaira à tous les fanatiques de "heroic fantasy comics books" et aux amateurs de voyages hallucinogènes sous effets spéciaux. Déjà responsable d'un techno-thriller assez stylé avec Jean-Claude Van Damme - "Universal Soldier" -, Roland Emmerich se prend à filmer quelques-unes de ses élucubrations esthético-ésotériques sur la civilisation égyptienne, vieux rêve de ses années d'apprentissage en Allemagne. Si vous avalez facilement la pilule, cette odyssée cybernétique vous transportera au-delà du porche de la connaissance universelle, au centre de la dictature technocratique de Râ, divinité de la mythologie et tyran extraterrestre ! Un remix mega-drive du "Mystère de la grande pyramide" d'Edgard P. Jacobs avec, dans les rôles principaux, Kurt Russell, James Spader et Jaye Davidson, ex-joli travesti dans "The Crying Game" de Neil Jordan qui, une fois de plus, s'est arrangé pour décrocher les plus belles robes de la production.

S.M.
Télémoustique
10 au 16 février 1995

:: Le Studio Canal+, une aventure américaine ::.
Tourné dans le désert de l'Arizona, sous une fraîche température atteignant les quarante degrés, et grâce à une logistique militaire héritée de l'opération "Tempête du Désert", "Stargate" est un film américain produit par Le Studio Canal+ U.S. Déjà célèbre pour avoir apposé sont label sur un très grand nombre de films français, l'antenne hollywodienne du Studio a, depuis trois ans, aussi participé au montage financier de "blockbusters" comme "Terminator II", "Basic Instinct", "J.F.K.", "Cliffhanger" ou "Sauver Willy", pour ne citer que ceux-là. Depuis sa création, cette filiale a eu un flair imparable pour accrocher son wagon à des projets prestigieux dont la réussite commerciale sur le marché international en fait rêver plus d'un. Et les excellents résultats américains de "Stargate" - septante millions de dollars en onze semaines d'exploitation - ne font que confirmer l'efficacité des signatures. Sans stars et avec un petit budget de promotion, ce film d'aventures a touché de plein fouet la cible des jeunes spectateurs, coupant l'herbe sous le pied à des grosses productions comme "La Rivière Sauvage" ou "Junior".

Télémoustique
10 au 16 février 1995

:: "Stargate" ::.
Vous avez vu les effets spéciaux ? Oui, et alors ? "Stargate", proclame un slogan publicitaire branché, est un film "où la mythologie classique rejoint celle des CD Rom". Au risque de passer pour un brontosaure, je dois bien avouer que cette historiette où un commando, bazooka au poing, vient délivrer une population d'une autre galaxie sous la coupe d'un tyran (Jaye Davidson, impayable en dieu Râ) a tout du vieux nanar avec son scénario famélique et ses acteurs tombés dans un bain d'amidon. Proposer comme "rencontre du troisième type" la lutte des soldats virils et aux mâchoires serrées avec un méchant dieu au sexe mal défini et entouré d'esclaves prépubères, voilà qui en dit long sur l'idéologie terrienne, trop terrienne, des auteurs !

O. Lecomte
Télémoustique
10 au 16 février 1995

 

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