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:: Interview de Amanda Tapping ::.

Avec le rôle de Carter, Amanda Tapping a décroché l'un des rôles féminins les plus forts de la TV. Très humble et presque un peu timide, elle a répondu à nos questions avec énormément de gentillesse et pas mal d'humour.

Séries TV : Vous souvenez-vous encore clairement de l'époque où vous avez décroché le rôle de Samantha Carter ?

Amanda Tapping :
Je me souviens très clairement de l'audition à Los Angeles et du fait que l'on m'ait rappelé après. Quand je suis sortie, Michael Shanks m'attendait. Nous ne nous connaissions pas encore, il m'attendait simplement parce que nous étions descendus dans le même hôtel et nous avons partagé un taxi pour rentrer. Il m'a demandé comment ça avait été et je lui ai répondu que j'avais fait du mieux que je pouvais et que donc je n'avais pas de raison de m'en faire. Six semaines ont passé et je suis retournée à Toronto. Le jour suivant mon agent m'a appelée à huit heures du matin, m'a dit qu'ils voulaient me revoir, mais c'était à Los Angeles, que je venais de quitter la veille. J'étais désespérée, je pensais que je n'aurais pas le rôle simplement parce que j'avais quitté Los Angeles. Et puis j'ai commencé à auditionner pour d'autres choses quand mon agent m'a annoncé que j'avais douze jours pour faire mes bagages pour Vancouver et rejoindre le plateau de Stargate.

S.TV : Vous avez un côté loufoque, mais en même temps, vous paraissez réservée, presque timide. Est-ce que ça vous gêne d'avoir tant de monde autour de vous quand vous travaillez ?

AT : Non. Je suis intrinsèquement timide, ce qui est étrange. Je crois que ça remonte à mon adolescence, quand je suis devenue une extravertie rigolote pour compenser une timidité maladive, je crois qu'on a parfois besoin de ça pour alléger l'ambiance. Mais je suis toujours timide quand je rencontre des gens pour la première fois, ça me rend très nerveuse, alors je contrebalance avec des blagues. Mais je crois être suffisamment intelligente pour mettre quelque chose derrière cette frivolité, de façon à ce que je ne passe pas pour une parfaite idiote ! (Rire)

S.TV : Pouvez-vous nous décrire une de vos journées typiques sur Stargate ?

AT : Je me lève à cinq heures du matin en général, parfois même plus tôt. J'arrive sur le plateau vers six heures, maquillage, coiffure… ça se termine vers sept heures, et puis on commence à tourner. Je passe tous les moments libres de mes journées à apprendre mes répliques pour le jour ou l'épisode suivant. Si nous recevons un nouveau scénario, alors je le lis entre mes scènes. J'apprends vite, j'ai beaucoup de chance, mais ça me prend quand même pas mal de temps. Quand on a fini de travailler, vers sept heures et demie ou huit heures du soir, je rentre chez moi et je prépare mon travail du lendemain pendant une demi-heure ou une heure, parfois un peu plus. Tout ça additionné, ça fait de longues journées de cinq heures du matin à neuf heures du soir, l'heure à laquelle généralement je me mets au lit. Il n'y a que Stargate, toujours Stargate… et ça dure du lundi au vendredi. Et je passe mes dimanches à travailler les prochains scenarii.

S.TV : Que pensez-vous des commentaires désobligeants qu'on fait sur vous sur Internet ?

AT : Des phrases comme : " elle avait l'air enceinte dans tel épisode " mettent la pression. C'est dur d'être sexy, séduisante ou même vaguement féminine dans les vêtements que je porte. Il y a une grosse pression pour être en forme, à cause du côté physique de la série. Et puis, en plus, je suis la seule femme. Dès la première saison, il a été convenu que je n'aurais pas la possibilité d'être vraiment moche. Du coup, il a été fait beaucoup de commentaires sur le fait que Samantha Carter se maquille. Mais c'est de la télévision, nous devons être maquillés, ça fait partie du métier ! Mais il y a une pression qui s'exerce subtilement. Par exemple, des gens surveillent ce que vous mangez… Je ne crois pas que l'on surveille autant les hommes. Et ça ne vient pas uniquement des producteurs, tout le monde vous surveille. Du coup, j'ai développé une obsession malsaine à propos de mon poids.

S.TV : Quand vous lisez un scénario pour la première fois, est-ce qu'il y a des scènes que vous êtes impatiente de jouer et d'autres que vous redoutez ?

AT : Oui. Les scènes où il faut que je donne des explications en blabla technique. Soit elles me plaisent parce que je trouve ça fascinant, soit je suis effrayée par le volume de ce que j'ai à apprendre par cœur. Les scènes physiques me plaisent beaucoup et j'ai aussi toujours beaucoup apprécié les scènes qui montrent l'humanité et la faiblesse de nos personnages.

S.TV : Au fil des années, vous avez joué d'incroyables scènes d'émotion comme dans De l'autre côté du miroir (Point of View-3#06), 2010 (5#16) ou Révélations ((5#22). Comment vous préparez-vous à ces scènes ?

AT : Eh bien, pour Zénith (Meridian-5#21), il n'y a pas eu besoin d'une énorme préparation. Ca tournait autour du départ de Michael Shanks, et c'était très facile de se laisser porter par une vraie émotion, il suffisait que je me souvienne du tournage du pilote. Et Christopher, Michael et moi parlions de cette impression de magie que nous avions eu alors, nous nous remémorions combien nous avions eu de la chance d'avoir fait l'expérience de tout ça. Les larmes sont venues naturellement, nous étions submergés par nos émotions… Pour De l'autre côté du miroir, ça a été un long jour de larmes. La scène devait être tournée en fin de journée, heureusement. Il suffit de se mettre en état de grande tristesse et de ne pas se laisser influencer par l'extérieur. Ensuite, on met cette émotion sur le personnage. Ca fait partie des trucs d'acteurs… Tout le monde a des trucs pour déclencher des émotions. Par exemple, si j'écoute certains morceaux dans ma loge, ça peut me ramener directement à certains moments et je peux me remémorer ce que je ressentais dans une circonstance donnée. Cela éclaire ces émotions sous un nouveau jour et ouvre de nouvelles perspectives.

S.TV : La façon dont vous interprétez Samantha Carter a évolué au fil des ans. A présent, vous pouvez faire passer beaucoup de choses en jouant très sobrement. Est-ce que c'est quelque chose que vous vouliez réussir à faire en tant que comédienne ?

AT : Oui, je veux dire que ça fait partie du travail à la télévision, le médium est petit et on prend tout l'écran. C'est très différent du travail sur scène au théâtre. C'est la progression du personnage et la familiarité qu'il a acquise auprès du public qui fait que l'on peut véhiculer plus de choses très sobrement, sans avoir besoin d'en faire des tonnes. Et puis, de même que nos relations en tant que personnes et acteurs ont évolué, les relations entre les personnages ne sont plus les mêmes. Je suis devenue un peu plus sarcastique parce que Jack O'Neill a déteint sur moi, la logique de Teal'c s'est un peu écornée et je crois que ça fait du sens que des gens qui passent autant de temps ensemble finissent par s'influencer les uns les autres. Cette évolution des personnages est très intéressante à voir. Nous avons eu en plus le grand luxe de pouvoir construire nos personnages en six ans. Dans une certaine mesure, ce que l'on voit à l'écran est vrai, cela traduit ce qui nous est vraiment arrivé en six ans.

S.TV : Vous avez donné à votre personnage des traits distinctifs très forts dans la façon dont elle marche, ses gestes et sa façon de parler, notamment. Comment répétez-vous des choses comme ça ?

AT : Au début, oui. Quand j'ai décroché le rôle, une grande partie de mon travail était très physique, il fallait que je trouve la façon dont elle marchait, comment elle choisissait d'utiliser l'immobilité et le mouvement. Et puis, peu à peu, c'est devenu automatique, il suffisait que j'enfile les bottes de Sam pour devenir le personnage. Mais à la fin de la quatrième saison et au début de la suivante, quand nous pensions que ce serait peut-être la fin, j'ai pensé que je devais redécouvrir mon personnage. A force de jouer le même rôle, on finit par choisir la facilité parce qu'on est tellement habitué à le faire. Et je ne voulais pas que ma personnalité transparaisse, parce que, notamment, je gesticule beaucoup plus que Carter. Je suis aussi beaucoup plus maladroite qu'elle. Alors, j'ai passé mon temps libre entre les deux saisons à la redécouvrir physiquement. Et puis à nouveau, quand j'ai enfilé l'uniforme, je me suis retrouvée dans sa peau.

S.TV : Dernièrement, il y a eu des scènes très, très drôles avec Samantha Carter. Est-ce que ça vous amuse de faire ça ?

AT : Oui ! J'adore ces moments-là, vous savez, quand elle craque et qu'elle se révèle. Les gens ont une certaine perception des autres, ils s'attendent plus ou moins à vos réactions. Et de temps en temps, on fait des choses auxquelles les gens ne s'attendent pas du tout. Tout le monde fait ce genre de petites bizarreries et j'adore ce genre de choses.

S.TV : Qu'en est-il de la relation entre Carter et Fraiser ? Est-ce que c'est une histoire que vous appréciez, une amitié que vous aimez interpréter ?

AT : Absolument. Je crois que c'est bien qu'il y ait deux personnages féminins et qu'il n'y ait pas de compétition entre elles. J'apprécie le fait que ces deux personnages soient de vraies amies et qu'elles partagent beaucoup et le fait que Fraiser élève Cassandra mais que Carter joue aussi un rôle dans son éducation. Il y a presque une relation fraternelle entre elles. Vous savez, je les imagine aisément sortant toutes les deux, allant se boire un verre de vin un vendredi soir et échanger des potins sur tout le monde au SGC. J'aime ça, j'aime explorer cette relation.

S.TV : Et qu'en est-il des scènes d'action ? Toutes les cascades, les courses à travers les bois, vous aimez faire ça ?

AT : J'adore ça ! Mais je suis manche comme tout, alors à chaque fois que je fais une cascade, je me fais mal. La dernière fois, je descendais en courant des marches de béton et je devais sauter un mur avant que le building derrière n'explose. Je me suis entraînée une bonne centaine de fois, mais je n'avais jamais essayé en tenant une arme. Pour la scène, j'en avais une… ça a été un beau plantage parce qu'il y avait une caméra juste là et que je me suis frappé le visage avec ! C'est pareil à chaque fois que je fais une cascade. Mais je veux au moins essayer !

S.TV : Quelle a été la chose la plus sympa que vous ayez eu à faire sur Stargate… et la plus dangereuse ?

AT : Le truc le plus sympa a été, je crois, d'avoir volé en hélicoptère dans la première saison, en fait de voler en hélicoptère et de se poser sur un glacier pour filmer les extérieurs de Portés disparus (Solitudes-1#17). Ensuite on a crapahuté dans une vraie crevasse et on entendait la glace grincer et craquer… On a aussi entendu une avalanche un peu plus bas dans la montagne, c'était incroyable. Le truc le plus dangereux ? Certaines cascades, par exemple, dans Descent (6#03), je me suis presque étouffée parce que le plafond est tombé et que je n'avais pas assez d'air qui passait par le seul trou que j'avais. Mais tout est parfaitement sous contrôle et nous ne risquons rien, même pour les explosions et tout ça.

S.TV : Si vous deviez choisir cinq scènes pour illustrer le travail que vous avez fait sur la série, quelles seraient-elles ?

AT : Hum… (Long silence) J'aime la scène de bagarre dans Emancipation parce que ça m'a pris trois jours pour l'apprendre et que j'en étais très fière. Probablement aussi la scène de pleurs dans De l'autre côté du miroir ou peut-être une des scènes avec les deux Carter qui s'affrontent en duel… Je ne sais pas, peut-être une scène d'Un étrange compagnon (Urgo), simplement parce qu'elles sont marrantes. En fait, je viens de tourner une vraiment très jolie scène avec Richard Dean Anderson et une autre avec Christopher Judge que j'aimerais aussi mettre dans ma liste.

Caroline Terrée
Séries TV Hors Série Stargate SG-1

 

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