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:: Interview de Teryl Rothery et Don S. Davis ::.

Que serait SG-1 sans le Docteur Fraiser et le Général Hammond ? Interview croisée de deux acteurs qui, au travers de leur interprétation, apportent beaucoup d'humanité à la série.

Séries TV : Teryl, vous vous avez dit que vous étiez très timide étant enfant ce qui est difficile à croire maintenant !

Teryl Rothery : Je sais, c'est incroyable mais c'est vrai ! J'étais absolument, incroyablement timide, au point même que cela en était maladif. J'en pleurais, je m'accrochais à ma grand-mère et je ne voulais jamais aller chez personne. C'est comme ça que tout a commencé. Elle s'est demandée ce qu'elle pouvait faire pour me faire sortir de cette timidité maladive. Comme j'avais toujours eu le goût de la musique, elle m'a inscrite à un cours de danse quand j'avais neuf ans. Elle voulait que je rencontre d'autres gosses et que je sorte de ma coquille. Je suis certaine qu'après ça, il y a eu bien des occasions ou elle aurait rêvé de me refourrer vite fait dans ma coquille ! Mais ça m'a vraiment aidée, c'est grâce à ça que j'ai surmonté ma timidité. Quand je devenais nerveuse dans un groupe, je devenais le clown, la petite marrante et tout allait bien. J'ai compensé ma timidité comme ça.

S.TV : Teryl, vous avez dit que vous aimiez l'intimité de la caméra. Pourtant quand on vous filme, il y a des douzaines de personnes autour de vous et plus tard des millions de gens vous regardent sur leurs écrans. Vous vous forcez à l'ignorer ou quoi ?

TR : C'est ça, je n'en tiens aucun compte. Pour moi il n'y a que moi et les autres comédiens de la scène. J'aime aussi l'immédiateté d'un vrai public au théâtre par exemple, mais on sent énormément sa présence. J'aime l'intimité que vous laisse un objectif de caméra, il nous conduit chez les gens, bien sûr, mais je ne m'en rends pas compte. Je n'y pense pas, je ne pense pas aux présences autour de moi. Ce qui arrive ne concerne que moi et les gens avec qui je joue la scène.

S.TV : Don, vous avez la même sensation ?

Don S. Davis : Oui. Acteur est un mot inapproprié, on n'agit pas, on réagit. Dans toute vraie communication, il y a une sincérité ou un manque de sincérité à mesure que leurs regards se croisent, qu'ils pensent et qu'ils parlent, que personne, en dehors des deux personnes qui essaient de communiquer, ne peut vraiment voir. Mais la caméra perçoit tout ça.
TR : On ne peut pas tricher avec une caméra.
DSD : La clé pour bien jouer, c'est d'être absolument concentré sur sa scène.

S.TV : Don, que pensez-vous que soient les forces principales des gens avec qui vous travaillez ?

DSD : Leur principale force est qu'ils sont tous très professionnels. Chacune des personnes travaillant sur cette série passe des heures à préparer son travail. Les acteurs connaissent tous à fond leur personnage. L'un des problèmes, aussi bien à la télévision qu'au cinéma, c'est que les comédiens ne prennent pas toujours le temps d'explorer la personnalité de leur personnage. Ici, nous le faisons tous. Il faut dire qu'après six ans, chacun de nous pourrait dire sans hésitation quelle est la couleur préférée, le plat favori, la voiture rêvée ou le style de vêtement que préfère son personnage. Teryl, par exemple, ne porterait jamais de vêtements rigides mais c'est ce qu'elle doit porter pour son boulot. La Janet Fraiser qui se cache derrière le docteur en médecine est une jeune femme passionnée qui élève un enfant. Et elle inclut ça à un niveau subliminal dans son jeu d'acteur, simplement au travers d'attitudes, de gestes et de sentiment qu'elle interprète. On ne peut faire ça que si l'on connaît à fond son personnage.

S.TV : Teryl, comment vous et Amanda Tapping êtes-vous devenues de grandes amies dans la série ? Cette relation entre les deux personnages vous plaît-elle ?

TR : Absolument. Je pense que l'une des raisons pour lesquelles nous avons du retour depuis des années de la part des fans est qu'ils voient bien que notre amitié transparaît à l'écran. Vous savez, elle est vraiment adorable.

S.TV : Très souvent, les personnages féminins ont tendance à être odieux entre eux…

TR : Nous ne laisserons pas ça arriver à nos personnages. C'est trop courant, et nous sommes très fermement décidées à ce qu'il n'y ait jamais d'animosité du tout entre nos personnages et qu'elles restent amies. Surtout qu'il ne faut pas oublier que nous élevons Cassandra ensemble. Et puis nous sommes toutes les deux des scientifiques et cela nous rapproche beaucoup. Il y a un soutien et une admiration mutuelle entre ces deux femmes et je trouve ça génial. Je trouve aussi que c'est une bénédiction de travailler sur une série avec quelqu'un d'aussi intelligent qu'elle. Elle donne beaucoup à la caméra mais le plus important, c'est qu'en dehors de ça, elle est tout aussi chouette.

(A cet instant, Teryl Rothery commence une très bonne imitation d'Amanda Tapping quand soudain cette dernière fait irruption dans la loge. Elle est entre deux prises et en profite pour faire une pause café et se joindre à nous. Tous les trois commencent à se lancer de petites piques et à se remémorer certains de leurs meilleurs moments de pause sur la série, mais cela va si vite qu'il aurait été impossible de le transcrire.)

S.TV : Don, Teryl, vos deux personnages sont supposés être très sérieux. Comment y arrivez-vous quand vous êtes avec des gens comme Amanda Tapping ou Richard Dean Anderson ?

TR et DSD en chœur : On n'y arrive pas !
DSD : On fait une autre prise !
TR : On a des éventails dans nos trousses de maquillage pour nous cacher derrière et quand nous rions, nous deux, je renifle et elle sanglote…
AT : Oui, je pleure. Mais Teryl renifle fort comme c'est pas possible !
TR : Oui, ce n'est pas un son très flatteur.
AT : C'est à mourir de rire, oui !

S.TV : Vous êtes tous allés à des conventions Stargate. Comment est-ce ? Est-ce que vous n'avez jamais été un peu effrayés par le comportement de certains de vos fans ?

TR : Non. Je crois que nous avons tous eu de la chance. Il y a probablement eu des fans super zélés que nous avons remarqués, mais je n'ai jamais été personnellement confrontée à ça. Je n'ai été entourée que de gens chaleureux et encourageants. Et puis, sans les fans, la série n'existerait pas. Nous en avons déjà parlé d'ailleurs, la chose bien avec la science-fiction c'est que ça donne la possibilité de vraiment remercier les fans. Nous adorons ça et ça continuera, c'est vraiment agréable de les rencontrer.
DSD : C'est très sympa de rencontrer des gens et de savoir que vous leur faites plaisir.

S.TV : Vous avez beaucoup de surnoms les uns pour les autres. Vous en avez de nouveaux cette année ?

AT : Teryl va s'appeler Tito cette année.
TR : J'ai été de Turleen, à Turtle (tortue en français) jusqu'à Tito ou même T, tout simplement.
AT : Moi, je suis restée Min.
TR : C'est très marrant parce que c'est au point que si elle m'appelle Teryl, je me sens immédiatement en faute et je me demande ce que j'ai bien pu faire. Si je l'appelle Amanda, elle ressent la même chose. Comme quand vos parents vous appelaient par votre prénom et votre nom quand vous aviez fait une bêtise. On s'appelle l'une l'autre Tito et Min de façon automatique maintenant.

S.TV : Et Don a des surnoms ?

TR : Donny Don…
DSD : Super Sexe.
AT et TR en chœur : Stud Muffin…
AT : Le Gardien de tout ce qui est bon dans ce monde !
DSD : J'aime bien celui-là !

S.TV : Don, dans la série, votre personnage a un côté aîné, très paternel. Est-ce que ça traduit la réalité des relations que vous avez avec les gens avec qui vous travaillez ?

DSD : Je traite très bien ces deux jeunes dames, je leur ai même proposé de les baigner… (Rire)
AT : Don est la figure du père de bien des façons mais il a aussi été capable de dépasser ça.

S.TV : De quelle façon ?

AT : C'est un pote maintenant ! (Ils rient tous les trois) Mais parfois, quand Don me parle de ma carrière, de ce que je devrais faire après, de comment je devrais m'y prendre dans certaines situations, là, il devient très paternel. J'aime ça, mais il peut aussi être, comment dire ? Il peut être l'oncle cinglé dont on a tous rêvé.

S.TV : Don, Amanda a souvent décrit à quel point vous vous énervez quand vous vous trompez dans une réplique et comment le reste des acteurs adore provoquer de tels incidents.

DSD : Ils peuvent être cruels avec le vieil homme que je suis ! (Rire) Mon métier consiste surtout à bien dire mes répliques parce que je ne suis que le faire valoir de la personne autour de qui tourne la scène. Si je me trompe, je fous la scène en l'air. Je n'aime pas me tromper alors je me mets en rage. Je suis en colère contre moi-même. Dans un monde parfait, les rôles secondaires devraient pouvoir dire leur dialogue en une ou deux prises parce que ce sont les autres acteurs qui portent la scène sur leurs épaules. Il arrive très souvent qu'Amanda ait à dire 80% du texte. Si, alors qu'elle essaie de se rappeler de tout ça, l'un d'entre nous se plante pendant sept prises, non seulement ça bousille la journée mais ça rend le travail d'Amanda plus difficile, pénible même.
AT : Mais ce n'est pas grave, de toute façon, personne n'écoute jamais ce que je dit ! " Tiens, Carter parle… ", les gens ont une expression vide, et pouf, ils s'enforment.

S.TV : Don, votre personnage fait surtout partie de l'arrière-plan de la série mais il doit prendre de terribles décisions dans des situations de vie ou de mort. Est-ce que vous ne préféreriez pas être un peu plus sur le devant de la scène parfois ?

DSD : Non, je préfère faire partie de l'arrière-plan. Je n'ai jamais voulu être une vedette, ce n'est pas ce que je fais.

S.TV : Est-ce que vous appréciez les épisodes où votre personnage passe la porte des étoiles avec tout son équipement militaire et tout et tout ?

DSD : Oui, j'aime bien. Mais mon personnage dans la vraie vie ne passerait jamais la porte et il est très important pour moi que la série garde un certain semblant de vraisemblance. Dans la réalité, aucun général à deux étoiles ne passerait ce genre de porte avec ses troupes. D'abord parce que c'est lui qui commande, puisqu'il est le plus gradé, mais il est plus vieux et n'a pas la même forme que ses hommes, et il serait incapable d'assurer son commandement parce qu'il ne pourrait pas les suivre. Aller sur le terrain ne serait pas approprié.

S.TV : À l'écran, vous vous êtes arrangé pour rendre votre personnage plein de compassion et d'attention. Est-ce que ça pourrait arriver vraiment dans l'armée ?

DSD : Oui. Les meilleurs officiers sont totalement impliqués aux côtés de leurs hommes. Il faut qu'ils le soient parce qu'ils leur demandent de risquer leur vie. Donc les officiers doivent être loyaux envers leurs troupes s'ils veulent que leurs troupes soient loyales envers eux. Quand j'étais dans l'armée c'était une des choses que j'ai toujours remarquées, les meilleurs officiers sous les ordres desquels j'ai eu l'honneur de servir étaient toujours ceux qui prêtaient le plus d'attention à leurs hommes.

Caroline Terrée
Séries TV Hors Série Stargate SG-1

 

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