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Sous le regard de Martin Wood

Derrière la caméra, réalisant un tiers des épisodes par saison, on trouve l'extraordinaire Martin Wood. Avec Peter DeLuise, qui réalise aussi environ un tiers des épisodes par an, il a véritablement créé le look de Stargate SG-1. Tous deux garantissent en outre la continuité visuelle de la série. Martin Wood a débuté en tant qu'assistant et réalisateur de seconde équipe lors de la première saison. Rapidement, il s'est vu proposer de diriger un épisode. Devenu l'une des valeurs sûres de la production, il est connu pour être prêt à tout pour obtenir le plan désiré.

Séries TV : Vous venez de finir de tourner Full Circle sans savoir si ce serait le dernier épisode de la série ou juste le dernier de cette saison. Quelle a été votre approche ?

Martin Wood : Je l'ai fait comme si ça devait être la fin. C'était la chose la plus importante pour moi, sachant que quand je me suis engagé nous ne saurions probablement pas si ce serait la fin ou pas. Alors j'ai décidé de tourner de façon à ce que les fans ne soient pas déçus si ce devait être la fin et aussi de façon à ce que, si ce devait ne pas être la fin après tout, ça reste cohérent. C'est comme ça que le scénario était écrit en fait. La dernière séquence par exemple serait une très bonne fin de saison aussi bien qu'une très bonne fin de série. Je crois que le problème est que jusqu'ici, chaque année, il y avait un grand suspens à la fin de chaque saison, on ne pouvait pas faire ça cette année, au cas où ce serait la fin.

S.TV : Qu'est-ce que vous préférez dans votre métier, l'aspect technique ou la direction d'acteurs ?

MW : Je ne sépare pas les deux parce que la technique et la direction des acteurs font partie du processus de narration d'une histoire. Pour moi, faire un épisode, c'est être capable de raconter une histoire avec les outils dont on dispose. La palette à ma disposition est technique avec des effets spéciaux, des caméras et des acteurs.

S.TV : Quand vous lisez un scénario pour la première fois, vous visualisez tout du premier coup ?

MW : Je suis incapable de lire un scénario sans tout visualiser, c'est un peu bizarre. Je le lis d'un coup et, dès ce moment-là, je commence à prendre des notes à propos de certaines choses que j'y vois. Je ne lis pas le script juste pour l'histoire, à moins que ce soit une histoire si passionnante que j'en oublie tout le reste. Mais même dans ce cas-là, j'y reviens toujours après coup et je commence à prendre des notes et à mettre les personnages en place. Le plus intéressant pour moi c'est de regarder un épisode jusqu'au bout et de me rendre compte que c'est exactement comme ça que je l'avais visualisé à la première lecture. Il est très rare que je change quoi que ce soit y compris les indications scéniques. Si un vaisseau cargo vole de droite à gauche, il volait déjà de droite à gauche dans ma tête à la lecture. Quand je vais faire des storyboards et que je vais travailler avec les gars des effets visuels, je leur dis que le vaisseau va de droite à gauche. La scène est enregistrée comme ça et donc les acteurs peuvent tous regarder de droite à gauche par la fenêtre. Et quand ça change, ça me bousille complètement ! Je hurle : " Il ne devrait pas être de ce côté ! " (Rire)

S.TV : Vous utilisez des storyboards seulement à votre usage personnel ou bien est-ce pour toute l'équipe ?

MW : J'utilise des storyboards surtout parce que James Tichenor et moi-même nous accordons très bien autour de storyboards lors de nos réunions de travail. La partie la plus créative dans Stargate, en ce qui me concerne, ce sont ces réunions autour du storyboard avec James. Etre capable de dire : " Qu'est-ce qui se passerait si on faisait ceci ou cela ? ", et alors on fait mimer la scène par les dessinateurs, là, dans la pièce où nous nous trouvons. Je mets en scène. Pendant ce temps-là James reste assis et tape tout ce qu'il entend en bougonnant des trucs comme : " Ca va nous coûter sept millions de dollars. " Et puis quand je lui demande si telle ou telle chose est possible il me répond toujours que, oui, si on supprime telle ou telle autre chose. En fait, les meilleures idées d'effets visuels sortent de la tête de James Tichenor. Je m'en empare et je les refaçonne jusqu'à ce qu'elles collent pour le tournage.

S.TV : Vous avez dit que vous n'aimez pas particulièrement filmer les épisodes spatiaux, pourquoi ?

MW : Le problème avec les épisodes spatiaux est que les décors sont très limités. Une des choses que j'aime dans Stargate, c'est de pouvoir ouvrir tout et montrer des choses immenses. Quand on regarde mes épisodes, on se rend compte que je fais de gros plans. Un vrai gros plan est vraiment une chose rare parce que je n'aime pas en faire, bien qu'ils soient devenus une sorte de tradition dans les séries TV parce que les écrans de télévisions sont petits. Mais j'aime filmer plus grand parce que je crois que le public veut voir l'environnement.

S.TV : Quel a été l'épisode de Stargate le plus difficile à filmer ?

MW : Il y en a eu deux. L'un était Une question de temps (Matter of Time-2#13) à cause des effets de microgravité que nous devions régler. L'autre est un épisode de cette année qui s'appellera Abyss (6#06), où il y a aussi une histoire de gravité. Abyss a été très difficile à mettre au point, essentiellement parce qu'il y avait trois décors pour chaque scène. On y voit quelqu'un marcher horizontalement vers quelqu'un qui marche verticalement et ce genre de choses.

S.TV : Mais au fait c'est venu comment cette histoire de Major Wood et du sergent Siler avec son énorme clé à molette ?

MW : Un de mes amis m'a un jour offert une clé à molette géante comme ça, parce qu'il trouvait ça drôle. J'ai pensé que je devais apporter ça dans la série. Je l'ai fait et j'ai décidé que Dan Shea, qui règle les effets spéciaux, et moi serions tous les deux impliqués. Alors on s'est trouvé les combinaisons de vol et on apparaît dans tous les épisodes. C'est marrant parce que maintenant, il y a des gens qui m'appellent et qui m'écrivent pour me dire qu'ils ne m'ont pas vu dans tel épisode. Mais oui, comme tous les mecs, je suis fasciné par les trucs militaires, les tanks, les sous-marins et tout ça. Victoires illusoires (Small Victories-2#01) est par exemple mon épisode favori parce qu'on l'a tourné dans un sous-marin.

S.TV : Qu'en est-il des épisodes plus intimistes ? Vous avez tourné quelques épisodes très émouvants comme Ascension (5#03), dans lequel il y a des petits détails comme ce plan d'Orlin qui apparaît dans la rue…

MW : Je vais vous dire, une de mes choses préférées en tant que réalisateur est de rendre les choses le plus vivant possible sans utiliser d'effets spéciaux. C'est pour ça que j'adore faire des choses comme cette porte dont vous parliez. (Rire) Ce plan d'Orlin dans la rue est en fait un de mes préférés, si ce n'est mon préféré. Et je l'ai fait à chaque fois avec Daniel Jackson et Daniel Jackson apparaît à chaque fois maintenant, c'est un effet pratique et c'est vraiment très, très facile à faire. Tout ce qu'il y a à faire c'est un petit panoramique arrière de l'acteur mais ça ressemble terriblement à un effet spécial et ça vend très bien le fait que les Ascended gardent le contrôle, qu'on les voie ou non. Mon problème avec les effets visuels générés par ordinateur c'est que je trouve qu'ils enlèvent toute la magie qu'il y a à faire de la télévision ou du cinéma. Maintenant quand on utilise de simples trucs de caméra tout le monde pense que c'est un effet spécial par ordinateur, en fait ce n'en est pas la moitié du temps.

S.TV : Vous dirigez les mêmes acteurs depuis des années. C'est comment de travailler avec eux ?

MW : J'aime travailler avec des comédiens qui jouent leur rôle. Je n'ai aucune tolérance pour les acteurs qui se la jouent, si vous voyez ce que je veux dire. J'aime que les acteurs absorbent complètement leur personnage et là, on a une équipe géniale. J'aime travailler avec chacun d'eux pour différentes raisons. J'aime quand Michael revient parce que sa façon de jouer me manque. Travailler avec Corin, c'est complètement différent, il est Corin, il est son propre personnage. Chris, Amanda, Rick, Don et Teryl… Et bien, quand on a ces gens-là dans une scène vraiment difficile, ils prennent tout à bras le corps et le plus souvent je n'ai que des indications mineures à leur donner. Dans Ascension, il y a une scène où Carter revient après avoir subi une évaluation psychologique. Elle revient et elle est furieuse contre Orlin et je lui ai dit : " Tu ne peux pas être furieuse à ce point là à cause de votre lien un peu spécial, si tu es furieuse maintenant tu ne pourras plus revenir en arrière. Et puis souviens-toi qu'il ne comprend peut-être pas ce qu'il a fait, il ne comprend peut-être pas ce que ça veut dire. " C'est pourquoi à la fin de la scène, il y a cette expression sur le visage de Carter quand il lui donne l'information. C'est une expression de compréhension et je trouve très beau d'être capable de jouer ça.

S.TV : Quand vous filmez des scènes d'émotion, est-ce que vous créez une ambiance avant sur le plateau ?

MW : Oui, je crois que l'équipe a tendance à être plus discrète pour les scènes d'émotions, et moi j'ai tendance à maintenir un plateau plus calme, comme ça, les acteurs ont une chance de tenir leur personnage. La plupart du temps, je m'assieds juste à côté de la caméra parce que, dans ces cas-là, je n'aime pas être à quinze mètres et être obligé de hurler : " Refais-moi ça ! " Je préfère de beaucoup être à côté pour leur parler d'une voix plus douce.

S.TV : Depuis deux ans, vous réussissez à montrer des émotions avec un seul regard, une expression fugace. C'est une chose que vous avez travaillée à dessein ?

MW : Dans beaucoup d'occasions, ce qui se passe c'est que nous commençons les répétitions d'une nouvelle scène avec toutes les répliques et là, un des acteurs intervient souvent pour dire que d'après lui telle réplique est inutile et je donne mon accord pour qu'on la supprime et qu'elle soit remplacée par un regard ou une expression. Les acteurs pris dans leurs personnages sentent ce genre de choses. A la télévision, il y a une tendance à être très formel, à exprimer tout par la parole, mais en fait, on n'est pas obligé. Je veux dire que je montre les mêmes choses par l'image, les acteurs montrent ça par leurs expressions, il n'y a pas besoin de dire quoi que ce soit. Le public qui regarde une série est totalement apte à saisir ça. Je crois que la différence entre Stargate et la plupart des autres séries de science-fiction est qu'elles ont tendance à viser un public plus jeune que celui de Stargate. Stargate s'adresse plus à un public réfléchit, il y a beaucoup d'humour, d'humour pince sans rire, et ça ne colle pas vraiment avec les préadolescents. C'est pour ça qu'on peut se permettre d'essayer de se passer de mots pour évoquer tout. J'ai travaillé dans des séries où il fallait dire : " J'ouvre une porte maintenant ".

S.TV : Récemment réalisés comme Redemption (6#01) et Ascension (5#03). Riez-vous vous-même quand vous réalisez ça ?

MW : Oh oui ! Si vous aviez pu nous entendre dans certaines scènes. On venait de finir une scène où Rick devient fou. Ce n'était pas un épisode drôle, mais il avait deux scènes et il avait décidé qu'il se foutrait de nous. Ce qui arrive à chaque fois que nous faisons des répétitions maintenant, c'est que s'ils n'aiment pas une réplique, ils mettent la scène en pièces ! Je sais qu'ils seront prêts quand il faudra, mais ils casseront tout durant les répétitions. Dans notre dernier épisode par exemple, Full Circle, il y a une scène entre Anubis et Daniel, et Anubis est habillé dans l'Empereur dans La Guerre des étoiles avec la capuche et tout. Et Michael me dit : " Comment veux-tu que je m'adresse à ça ? " Et on a tous les deux pensé à la même chose en même temps : " On va faire un hommage à La Guerre des étoiles ".

Anubis avait même une réplique qui disait : " La haine en toi est grande ! " Alors à chaque fois qu'il disait ça, moi, hors champs, je disais : " Skywalker ! " Finalement David Palfrey, qui joue Anubis, m'a demandé d'arrêter mes conneries parce qu'à force d'entendre ça, il finirait par le dire lui-même ! On avait tous pété un plomb et on se roulait par terre de rire. (Rire) C'est le genre de chose qui arrive souvent sur cette série, on rigole constamment. Richard est aussi le roi de la double prise. Regardez bien quand O'Neill tend quelque chose à quelqu'un, parce qu'il retient toujours ce qu'il tend un peu trop longtemps pour obliger l'autre à arracher l'objet. Dans Full Circle, il y a une scène hilarante où il tient quelque chose et où un Jaffa essaye de le lui prendre mais n'arrive pas à lui prendre des mains ! C'est très drôle !

S.TV : Je lu que Richard Dean Anderson oublie souvent ses répliques et que ça prend parfois des heures pour faire une prise correcte avec lui. C'est vrai ?

MW : Non. Il est toujours très bien préparé, mais s'il n'aime pas la réplique, là, ça peut prendre des heures parce qu'il ne veut pas la dire ! Je dois dire qu'il y a eu très peu d'occasions où nous avons perdu du temps parce que quelqu'un ne savait pas ses répliques. Nous passons plus de temps à discuter de la viabilité d'une réplique qu'à autre chose et on n'a pas le temps de donner trop d'explications. Amanda est incroyable : elle a des pages et des pages de dialogues qui n'ont aucun sens pour quiconque n'est pas physicien et elle débite ça tranquillement, prise après prise après prise… De toute façon, si Amanda oublie une de ses répliques, tout le monde s'arrête, parce qu'elle se tourne vers la caméra et émet un petit rire d'écureuil qui fait marrer tout le monde.

S.TV : Avez-vous aimé jouer de l'alchimie qui s'opère entre O'Neill et Carter ?

MW : En fait, j'ai commencé ça dans l'épisode Portés disparus (Solitudes-1#17) avec la réplique : " C'est mon pistolet, je vous jure. " Amanda, Rick et moi en avons parlé pendant un moment. Amanda disait qu'elle pouvait jouer cette scène en l'enlaçant pour avoir chaud. Mais je trouvais qu'on pouvait en faire un petit peu plus. Je trouvais que ça rendait la scène du sommet de la glissade plus importante si leur relation spéciale y apparaissait. Elle était d'accord, et nous avons maintenu ça dans les deux ou trois épisodes suivants. Je l'ai introduit intentionnellement dans Après un long sommeil (Out of Mind-2#22), quand il la trouve dans le faux SGC. Il la trouve nue, elle se lève et j'ai dit à Richard : " Là, c'est de ces moments où tu pourrais vraiment faire quelque chose. " Alors, il s'assoit, elle se lève et il regarde son dos nu ! Juste après, ils courent dans les couloirs et ils se serrent l'un contre l'autre pour se cacher des Jaffas. Là, O'Neill dit un truc du genre : " Il faut qu'on se tire de là maintenant ", parce qu'il faut vraiment qu'il bouge. Cette alchimie entre eux est très drôle à regarder. Bien sûr, ensuite, ça ne cesse de grandir jusqu'à la fin de Diviser pour conquérir (Divide and Conquer-4#15), qui est un épisode que j'aime beaucoup parce qu'il y avait cette scène que tout le monde avait besoin de voir, je crois. Je sais qu'une bonne moitié des fans voulait voir ça tandis que l'autre ne voulait pas. Mais je crois qu'il est bon d'avoir ce type d'alchimie entre eux parce que cela ajoute encore un élément, un autre niveau à l'histoire. Il y a l'aspect militaire, genre on ne laisse jamais un homme derrière, et puis il y a le niveau au-dessus, c'est-à-dire que ce sont des êtes humains face à d'autres êtres humains. Mais il y a aussi le niveau où deux personnes sont amoureuses, où l'enjeu est plus important, et j'adore ça.
Le même genre de truc existe entre Teal'c et O'Neill. Ils ont tous un sentiment les uns pour les autres. On voit ça très bien dans l'épisode Révélations (Revelations-5#22) dans lequel au début Carter est en deuil de Daniel Jackson dans le labo. C'était une scène très touchante et pourtant, elle n'avait pas été écrite comme ça. Il était simplement écrit qu'elle rangeait les choses mais j'ai fait un très long et très langoureux plan. C'était en fait une scène très difficile à filmer. Don a craqué quand Amanda a craqué en plein milieu. Là, j'ai dit : " Don, tu ne peux pas craquer, tu dois être fort parce que tu dis que tu surmontes, que tu as appris à vivre avec, et c'est une réplique très forte. Si tu dis que tu as appris à vivre avec et que tu craques, ça ne marche pas. Tu ne peux pas faire ça. " La même chose est arrivée dans la scène suivante quand ils sont dans le vaisseau cargo, Chris et Amanda étaient en place et Chris a craqué. J'ai dit : " Tu ne peux pas faire ça parce que tu te dis que tu intériorises et que tu te laisseras aller plus tard quand tu seras tout seul ". En fait, je crois que je n'ai laissé Chris pleurer qu'une fois, c'étant dans Rédemption (Redemption), au début de l'année, quand il retourne sur Chulac et que sa femme meurt. On ne voit même pas le visage de sa femme, tout est centré sur lui qui entre dans la tente, lève le voile, la voit et s'assoit seul, très seul… Et le Jaffa laisse tomber le masque. Pour moi, c'est une scène très importante où il peut vraiment se laisser aller à craquer.

S.TV : Pour toutes ces scènes, comme celles de Revelations, avez-vous dû faire beaucoup de prises, même si elles étaient si dures à filmer ?

MW : Oui. Nous devions faire quelques prises et faire des pauses entre chacune. En fait, vous voyez des fragments de prises à l'écran, parce qu'à chaque fois, l'un ou l'autre commençait à pleurer. Je me souviens que nous avons tourné le dernier épisode avant l'avant dernier et du coup, tout le monde savait comment Daniel allait mourir.

S.TV : J'ai trouvé que Revelations était plus émouvant que Zenith et j'ai adoré le dernier plan de Rick dans cet épisode, quand il se tient près de l'ascenseur…

MW : Je voulais faire autre chose, mais on m'a convaincu de le faire comme ça. Je voulais qu'on les voie tous les trois se tenir dans l'ascenseur et les portes se refermer sur eux, pour renforcer le sentiment qu'il n'y avait plus qu'eux trois. Mais le gros plan de Rick marchait bien aussi. En le tournant, on ne savait pas si ça fonctionnerait ou pas, mais Brad Wright et Michael Greenburg (les producteurs exécutifs) étaient sur le plateau et ont dit : " Gardez-le comme ça, ça marche ! "

S.TV : Sur tous les épisodes que vous avez tournés, vous souvenez-vous de scènes ou de moments incroyables ?

MW : Il y en a quelques-uns… J'ai aimé Victoires illusoires (Small Victories), Une question de temps (Matter of Time), Révélations (Revelations)… J'aime aussi la scène d'introduction de La Tête à l'envers (In the Line of Duty), c'est une de mes préférées. Tout se goupillait parfaitement, ça marchait bien, et je trouve que c'est une grande scène d'ouverture. Quand j'ai arpenté cette plage pour la première fois, je me suis dit que ce serait génial que rien n'arrive, une scène très idyllique et brusquement, ça explose. J'adore les scènes où on commence petit et on finit dans la démesure ou inversement.

Cette année, j'ai aimé Rédemption à cause du vol, les trucs cool qui arrivent dans le X-302. J'ai adoré Abyss car j'ai adoré le scénario et parce que c'était un vrai défi. C'est mon épisode préféré. Frozen est le seul épisode avec lequel j'ai eu des difficultés cette année car ma mère est morte en plein tournage et j'ai donc dû partir en plein milieu. Et maintenant, à chaque fois que je le vois, je me souviens trop bien de ce qui s'est passé à ce moment là. Même si nous avions un plateau génial, un décor gelé, comme dans Solitudes et on avait de la fausse neige à base de pétrole. Changeling a été bien plus drôle pour moi. J'ai lu le premier jet de Chris et j'ai pensé que ça allait être difficile à filmer. Chris a écrit de très belles scènes et Brad a repris le scénario et a tout bouclé. J'ai aimé aussi Maîtres et serviteurs (Beat of Burden), je pense qu'il y avait un super message dans cet épisode. Mon objectif dans Mission soleil rouge (Red Sky) était que l'équipe ne gagne pas. Je me disais qu'on ne pouvait pas gagner à tous les coups. Pourquoi ne pas avoir une planète qui explose parce que les terriens ont fait une erreur ? Le fait est que si vous retournez au début de Stargate, tout arrive parce que les terriens ouvrent la porte des étoiles. Tout commence quand Jack O'Neill passe la porte, explora Ra et devient une épine dans le pied des Goa'ulds. Dans Maîtres et serviteurs, Robert Cooper et Brad Wright m'ont regardé et m'ont dit que l'on a peut-être commencé une guerre et que beaucoup d'innocents allaient peut-être mourir. Il n'y a ni de bonne ni de mauvaise réponse. Daniel a un point de vue très juste mais O'Neill aussi. Aucun n'est plus politiquement correct que l'autre. Moi, j'adore ça.

Caroline Terrée
Séries TV Hors Série Stargate SG-1

 

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