A
la fois acteur et producteur de la série, Richard Dean Anderson ressemble dans
la vie beaucoup au personnage qu'il incarne à l'écran. Malgré de lourdes
responsabilités, il n'est jamais le dernier à chahuter sur le plateau.
SériesTV : Comment est-ce de travailler à la
fois comme acteur et comme producteur de la série ?
Richard Dean Anderson : Quand j'ai quitté MacGyver, l'aspect
production était devenu bien plus intéressant à mes yeux et je voulais être en
mesure de prendre en charge une partie du contrôle de la créativité dans ce que
j'ai fait après ça. Depuis lors, je crois que j'ai produit tout, ou du moins,
j'ai été producteur exécutif sur tous les projets auxquels j'ai participé. Il y
a certains aspects du contrôle créatif et des interventions que j'aime à imposer
au début de chaque projet. Il m'est devenu impératif d'avoir ce genre de force -
je ne veux pas appeler ça pouvoir parce que ça fait un peu cliché - et j'aime
ça. Pour moi, il est facile de séparer les deux parce que, jouer mon rôle,
particulièrement sur cette série, est rendu facile par les gens qui m'entourent.
De plus, grâce à la nature de notre planning, j'ai assez de temps pour faire
quelques tâches de production qui m'intéressent beaucoup, comme le montage… Ca
pourrait être épuisant si je m'attelais à fond à la production, mais même là, on
me facilite grandement la tâche.
S.TV : Vous avez choisi des projets qui ont eu
du succès. Vous engagez-vous dans ces choses-là intuitivement ou prenez-vous vos
décisions après analyse ?
RDA : Je me suis rendu compte que j'étais
très chanceux, ou plutôt les choses m'ont été favorables. Mais je crois qu'une
partie du succès de Stargate vient de la fusion de deux franchises. J'ai amené
avec moi une certaine force issue de la franchise MacGyver qui s'est mélangée
avec la franchise du film Stargate qui bénéficiait de son propre culte
underground. La combinaison des deux a créé le succès. Ce dont je tire fierté, à
titre personnel, en tant que simple travailleur, c'est l'éthique de travail.
Cela a à voir avec la concentration, un sérieux relatif à propos du boulot en
cours, mais plus important encore, cela a à voir avec un certain sens de
l'humour relatif au boulot et de tout en général. Ce qui protège mon éthique de
travail, c'est de me dire que si ce n'est pas marrant, alors ça ne vaut pas le
coup.
S.TV : On dit souvent que votre devise est " La
vie est trop courte ". C'est vrai ?
RDA : Ma devise c'est " Dans le doute, insiste
". Pour certaines raisons, j'ai réussi à créer un modèle de survie et un mode de
fonctionnement pour moi, en tant qu'individu, et pour certaines raisons, les
gens m'ont volontiers aidé tout au long de mon chemin. Mais ceci étant dit, je
peux aussi être un vrai râleur. Vous savez, sans mon café, si quelque chose
m'énerve, je peux être un peu dur. Mais au fond, tout ce que je veux, c'est
m'amuser. Notre travail n'est pas suffisamment important pour qu'il y ait des
histoires de susceptibilité ou d'ego meurtri. Nous ne prenons aucun risque
physique et nous n'avons aucune incidence sur le cours de l'histoire de la
planète ou de l'humanité. C'est juste du divertissement ! Alors gardons un peu
de légèreté dans tout ça.
S.TV : Votre personnage est devenu absolument
hilarant, pourtant parfois, vous ne faites rien…
RDA : Je ne sais pas… J'arrive et Chris
Judge et Amanda Tapping voient venir le moment où je vais me lancer dans une
quelconque déclamation tangentielle ou démontrer quelque chose qui n'est pas
dans le scénario ni en rapport avec quoi que ce soit. Ils ont appris au bout de
la troisième saison qu'il n'y a rien d'autre à faire que s'en aller et me
laisser seul ! (Rire) Ils ne savent ni d'où ça vient ni où ça va. Mais vous
savez, je ne fais aucun effort conscient pour être marrant.
S.TV : Et vous, qu'est-ce qui vous fait rire ?
RDA : Je suis très attiré par l'humour
anglais, surtout les Monty Phython et j'adore Les Simpson. J'aime l'examen
minutieux d'une chose qui en devient incongrue ou de passer un temps démesuré
sur un sujet particulier. Prendre une idée très simple et la creuser jusqu'au
fond, ce qui est la base même du théâtre de l'absurde. Jack O'Neill est un
militaire qui a des problèmes comportementaux et de concentration. Je
l'interprète comme un homme un peu lourd, un peu dense et lent ce qui facilite
l'humour relatif au personnage parce que, du coup, il est un peu hors du coup…
Dans les répétitions, je ne mets que rarement au point ces choses-là. Les choses
arrivent quand on se retrouve dans le contexte, avec les répliques et l'énergie,
ou le manque d'énergie, du moment. J'ai grandi avec le théâtre d'improvisation
et je réagis à ce qui se dit. Il y a donc un peu de ma propre sensibilité et de
ma conscience de l'absurdité de la situation et peut-être de la vie en général…
Je n'avais jamais vraiment analysé la raison de ma conduite… Ce qui voudrait
dire que j'ai probablement besoin de suivre une thérapie !Caroline Terrée
Séries TV Hors Série Stargate SG-1
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